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Des pistes pour redynamiser le secteur touristique PDF Imprimer E-mail
Écrit par Emmanuel Ngeleka Ilunga   
Samedi, 08 Mai 2010 00:00

Peut-être que pour avoir été longtemps nourris aux mamelles des promesses des lendemains qui chantent grâce à nos supposées potentialités qui feraient de la Rd Congo « un scandale géologique », nous avons perdu de vue que les ressources de notre faune, flaure et toutes ces plages et monuments relatant notre histoire peuvent, au même titre que le Port de Matadi, le diamant de Mbujimayi,  le coltan du Kivu ou le cuivre du Katanga rapporter énormément à notre économie et contribuer autant à notre développement.

 

 

L’importance du tourisme. Le tourisme se présente comme la première source des recettes de près de 38% des pays du monde. Selon le World Tourism Organisation (UNWTO) en 2008 pas moins de 898 millions de visiteurs ont été accueillis dans différents pays du monde, l’Europe se taillant la part du lion avec 50% des parts du marché ce qui fait d’elle la plus grande destination touristique au monde. Les trois premiers pays (en termes du nombre d’arrivées et des recettes) sont respectivement la France (première en terme d’arrivées avec 79,2 millions de touristes mais troisième pour les recettes avec 46 milliards), les USA (deuxième en terme d’arrivées avec 55 millions de touristes mais premier pour les recettes avec 85,7 milliards $) et l’Espagne (troisième pour les arrivées avec 53 millions de touristes mais second pour les recettes avec 53,2 milliards $). Le secteur contribue avec 5.771 milliards de dollars sur le PIB des pays du monde, offre 235 millions d’emplois selon le World Travel and Tourism economic forecasts (WTTC). Pas étonnant que beaucoup de pays aient investi dans le domaine pour se partager cette manne.

Selon les chiffres récents (2009) L’Afrique n’a accueilli que 44 millions de visiteurs, ce qui représente moins de 6% du marché mondial indiquant par la qu’elle en constitue le parent pauvre faible. Quelle en est la cause ? Pour M. Francesco Frangialli, Secrétaire General de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) c’est suite aux « difficultés objectives » telles le manque d’infrastructure, la perception d’un risque d’insécurité liée aux conflits armés dans certaines parties du continent  ainsi que le cout élevé du transport aérien. Même si la destination Afrique est globalement faible, certains pays émergent du lot et se partagent l’essentiel des touristes suite à leur dynamisme, ne laissant aux autres que des miettes.  Les destinations favorites en Afrique restent l’Afrique du Sud, la Tunisie, l’Egypte, le  Maroc, le Zimbabwe, le Kenya, le Botswana, l’ile Maurice et la Namibie.  L’Afrique du Sud a accueilli 9 millions de visiteurs l’année dernière et les ambitions de l’Egypte pour 2011 sont ambitieuses : recevoir 14 millions de touristes !

Le cas du Rwanda. L’exemple du Rwanda mérite d’être examiné puisque il s’agit d’un pays confronté à peu près aux mêmes dysfonctionnements que la RDC mais qui pourtant a obtenu des résultats dignes d’éloges dans son secteur touristique, Il nous dame le pion quoique disposant de moins d’atouts que nous. Son cas peut nous servir d’exemple et à l’instar des chinois qui ont commencé par copier ce qui se faisait dans les pays avancés avant d’arriver plus tard, à force de travail et de détermination, à créer de toutes pièces des produits « made in china » qui se vendent dans le monde entier, nous pouvons apprendre du petit voisin. Notre voisin a axé sa démarche en deux directions : la diversification des activités touristiques et l’investissement dans le secteur hôtelier. Aussi, en 2009 seulement 500 chambres d’hôtels ont été construites par des investisseurs privés. A propos du deuxième axe, les activités au pays des Milles Collines couvrent tout le territoire et comporte les parcs nationaux, les visites guidées de Kigali, des activités communautaires, les grottes souterraines,  les pâturages de l’Est, les champs de the, la foret de Nyangwe, les musées nationaux. les peintures traditionnelles de l’Est ainsi que les danses traditionnelles. Cependant la première attraction touristique ce sont les 700 gorilles a l’état sauvage dont plus de la moitié vivent dans le Parc des Virunga, laquelle est a cheval entre le Nord du Rwanda et la RDC. En 2009 le tourisme à lui seul a rapporté au pays 174 millions $ suite à l’arrivée de 700.000 touristes. Les prévisions pour l’année en cours d’après l’Office Rwandais du Tourisme et des Parcs Nationaux (ORTPN) est de renflouer les caisses de l’état avec 187 millions $. Mais qu’en est-il chez-nous ?

L’état des lieux du tourisme congolais. Qui d’autre que Monsieur Guy Omary India, l’Administrateur Délégué Général Adjoint de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) pour brosser la situation de notre tourisme ? A son retour  de Kampala en Ouganda il a été prendre part à un sommet sur les gorilles en octobre 2009 il déclara à Le Potentiel« J'avais des larmes aux yeux quand j'ai entendu lors de ces travaux ce que les activités touristiques rapportent mensuellement aux pays voisins en termes de devises dans les caisses de l'Etat. Pendant qu'aucun touriste n'a visité les gorilles du secteur sud du parc national des Virunga, depuis le début du septembre dernier, le secteur touristique a permis le mois passé à l'Ouganda de rapporter 60 millions USD et le Rwanda a, quant à lui, avec peu d'espèces de gorilles dont certains proviennent de l'Est de la RDC après y avoir fui les crépitements des armes, rapporté 37 millions USD, le même mois, aux trésors publics ». Cette déclaration à elle seule résume la situation de la RDC : lamentable. La guerre est souvent invoquée comme étant la cause première du ralentissement du secteur touristique mais il n’en est rien car celle-ci n’est venue que se greffer sur des problèmes structurels préexistants. Le réseau routier impraticable, les infrastructures hôtelières insuffisantes, manque de personnel qualifiés, la corruption généralisée, les tarifs élevés de transport  et le non entretien d’infrastructures touristiques en constituent quelques uns des goulots d’étranglement.  Cependant quelques pistes simples de sortie de crise existent.

Dresser un inventaire exhaustif de nos ressources. Nous devrions au préalable nous départir de nos mauvaises manières consistant à donner l’impression que l’Histoire n’a commencé qu’avec le régime politique en place. Si à l’arrivée des colons belges les statues de nos ancêtres ont été soit détruites soit expédiées en Occident et à la place les monuments de Léopold II et autres autorités coloniales furent érigés, le régime Mobutu a pour sa part déboulonné les statues de l’ère coloniale sous le prétexte du Recours à l’Authenticité dont le chantre n’était nul autre que  Sakombi Inongo ; ils  furent remplacés par celles du Président-Fondateur. L’arrivée des « libérateurs » de l’AFDL n’a pas mis un coup de frein à cette politique puisque seuls les monuments de LD Kabila (en attendant  probablement ceux du dirigeant actuel) sont dressés. Le prochain dirigeant n’aura qu’à faire détruire le Mausolée de LD Kabila …

Cependant si vous vous promenez dans n’importe quelle ville du monde vous y trouverez les monuments datant des différentes périodes de l’histoire. La politique de l’histoire sélective est une tricherie avec la mémoire collective qui fait de notre histoire une histoire tronquée et biaisée. Dresser un inventaire exhaustif et sans complaisance c’est par exemple rappeler les événements importants de l’histoire à notre mémoire en érigeant des monuments. La colonisation, le régime Mobutu ou l’AFDL, que nous ne voulions ou non, font partie de notre histoire commune et donc de notre patrimoine collectif. Mais quand s’arrêtera donc cette culture nationale de destruction ? A force d’agir de la sorte, ce que nous détruisons n’est rien d’autre que  notre passé commun et nous finirons par perdre même nos repères.

Quand sera érigé le monument commémorant le pogrom contre les kasaiens ; les activistes de BDK massacrés par la Police envoyée par J. Kabila au Bas-Congo ; les centaines d’hommes et femmes  tués lorsque Joseph Kabila s’est servi de l’artillerie lourde en pleine ville de Kinshasa pour s’en prendre aux troupes de J-P Bemba ? Et celui rappelant les femmes violées au Kivu ; les millions des morts tués par les troupes de Paul Kagamé ? Et ceux rappelant ceux qu’ont tués le RCD, le MLC et les Mayi-Mayi ? Et que dire du monument dédié aux personnes tombées le 25 février 1992  lors de la marche dite « Marche des chrétiens » ? Peut-être que la vue de ces monuments servira de dissuasion à des éventuels tueurs et culpabilisera les auteurs de ces crimes. Qui a intérêt qu’on ne garde aucune trace (et aucun souvenir) de ces événements ? Ces monuments ont toujours été une source d’attraction de touristes dans le monde.

Faire preuve d’inventivité. En période de crise et lorsque les moyens font défauts, il nous reste tout de même le cerveau pour penser, créer et essayer de nous tirer d’affaire. Faire preuve d’imagination afin de trouver d’autres sources d’attractions touristiques (et donc d’entrée des devises) est plus qu’indispensable. Pourquoi ne pas installer des jardins zoologiques dans les chefs-lieux de chaque province, ce qui donnera aux congolais dont le niveau de vie général est faible de bénéficier d’une  distraction autre que la télévision qui ne diffuse que danses avilissantes à longueur de journées ? Puisque à Matadi chaque semaine une dizaine de navires accostent avec à leur bord des marins en quête de défoulement, pourquoi ne pas prévoir des visites guidées à travers la ville et dans d’autres sites ? L’expérience peut être tentée dans toutes les villes du pays, Boma compris puisqu’il ne faut pas négliger la clientèle intérieure.  Rénover des bâtiments ayant appartenu a des personnalités publiques (la résidence du Gouverneur General de l’EIC à Boma, le palais du Marechal Mobutu à Gbadolité, la maison familiale du président Kasavubu à Boma) et en faire des attractions touristiques. Notre pays dispose de la foret équatoriale ou des communautés pygmées et des lacs et fleuves pour des randonnées éventuelles. Il est aussi grand temps qu’il y ait des établissements d’enseignement supérieur relatifs au tourisme comme cela se voit dans d’autres pays (Ouganda, Afrique du Sud) car cela aura l’avantage de doter le  secteur d’un personnel aguerri.

Un minimum d’ambition est nécessaire. Les pays qui constituent ders attractions touristiques sont ceux-là qui investissent pour qu’on parle d’eux en bien car l’image d’un pays a l’extérieur est proportionnel a l’intérêt que d’éventuels touristes lui accorderont. Comme l’Afrique du Sud avec la Coupe du Monde du mois prochain. Comme l’Angola avec la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Comme le Rwanda avec le tournoi de football africain des moins de 17 ans il y a trois ans. Certains érigent des bâtiments pour être candidats à abriter des conférences internationales, des banques continentales ou d’autres institutions importantes. Mais la RDC n’a aucune ambition. Depuis le combat Ali-Foreman de 1974, nos ambitions semblent  s’être évaporées et volatilisées. Depuis sa création il n’est pas normal que nous n’ayons jamais abrité la Coupe d’Afrique des Nations alors qu’il y a des pays qui l’ont fait plusieurs fois. Bientôt ce sera le Rwanda qui le fera et qui osera parler encore ? Quant au Sommet des chefs d’Etat africains, le dernier sommet de l’OUA fut organisé chez nous en … 1967. L’organisation de ces genres de cérémonies sert de prétexte à bâtir de nouvelles infrastructures routières, hôtelières ou de communication.  Et le tourisme en tire profit.

Désordre et malpropreté ne « vendent » rien. Il n’est pas normal que des immondices soient évacuées d’une maison et jetées en face de chez-soi, sur la route par terre et non dans une poubelle,  ainsi que cela se fait dans plusieurs quartiers de Kinshasa. Les autorités municipales et la Société Civile devraient faire preuve d’esprit d’imagination pour que cela cesse, connaissant l’impact d’un tel comportement non seulement sur l’hygiène mais aussi sur l’éducation de nos enfants qui grandissent  en ayant une notion tordue de la propreté. En plus, qui a jamais payé de son argent pour aller contempler la saleté ? Au contraire elle ne suscite que rejet et dégout. N’est-ce pas l’impression qu’un visiteur étranger a au premier abord de notre pays ? Si Kinshasa a, à tort ou à raison, été identifiée sur « Questions pour un Champion », cette célèbre émission de la chaine francophone TV5, comme « la capitale la plus sale d’Afrique »,  est-ce un motif de fierté ? Quels efforts ont été fournis par l’autorité depuis ? J’ai visité Kigali l’année dernière et je n’y ai aperçu aucun sachet trainant par terre. Vous y sentez de partout  les efforts  déployés pour maintenir la netteté de la ville. Sont-ce des choses difficiles à réaliser ? Si elles sont réellement difficiles, pourquoi nos ambassadeurs qui sont installés dans les pays où existent des poubelles aux coins de rue et la propreté n’étudient-ils pas la chose pour en faire profiter au pays ? A quoi servent-ils donc ? Travailler pour que ces images négatives de malaria, « capitale de viol », ebola, « paradis fiscal » insalubrité qui nous collent à la peau et chassent les touristes soient oubliées s’impose

Des efforts pour rendre le pays attractif. Le 18 février 2009 a lieu à Bruxelles la parution du guide touristique « Le Petit futé »  sur la RDC, œuvre de M. Médard Tambwe Mangala. Document utile pour promouvoir l’activité touristique puisqu’il présente avec force détails des informations sur la géographie, l’économie, les langues parlées, l’histoire et d’autres informations à même de servir de guide à n’importe quel touriste. Investir dans le marketing du tourisme c’est aller dans la bonne direction. Si une telle initiative est louable elle ne doit pas cependant  occulter le fait que tout un travail d’envergure mérite d’être accompli en amont afin que la RDC paraisse attractive aux éventuels touristes et qu’ils l’incluent dans leur destination des vacances. Tenez. Nous avons la réputation  d’avoir les tarifs de transport les plus élevés. Pour beaucoup de congolais voulant se rendre en Europe, il vaut mieux aller prendre son avion à Johannesburg plutôt qu’à Kinshasa. C’est moins cher et plus sûr. Vous ne le savez peut-être pas, prendre place à bord d’un petit bateau à Goma pour vous  rendre à Bukavu est beaucoup plus cher que le prix du billet du bus confortable que vous prendrez à Gisenyi (Rwanda) en direction de Kampala en Ouganda. Par ailleurs, il vaut mieux avoir affaire aux officiels d’immigration burundais, rwandais, tanzaniens ou ougandais que les congolais à l’aéroport de Ndili ou aux postes frontaliers de Kasumbalesa ou d’Uvira. Dans ces pays-la ils sont corrects et polis. Quant à chez-nous préparez-vous à y laisser des plumes. Ces faits étant connus de tous les voyageurs dans ces régions, avouez que cela ne fait rien pour faire de la RDC une destination de rêve, un site attractif.

 Lorsqu’on prend conscience que les aéroports, les postes frontaliers et les ports constituent parfois le tout premier contact qu’un étranger peut avoir  avec un pays, il y a de quoi s’inquiéter. Après un parcours de combattant pour obtenir un énième sceau sur leur passeport ou être fouillé, sont-ils prêts à revenir chez-nous lors des vacances prochaines, surtout que les mêmes attractions sont disponibles dans d’autres pays mieux organisés ? A propos du coût excessif du transport en RDC, à voir de près la répartition des frais du billet d’avion (le montant revenant à la compagnie d’aviation et les taxes dues), cette situation ne daterait-elle pas depuis « l’effort de guerre » décrété en 1996 par le gouvernement Kengo afin de faire face à l’invasion du pays par l’AFDL et cie ? Serait-il que jusqu'à ce jour le gouvernement continuerait – à l’instar de tous ceux qui l’ont précédé depuis la chute de Mobutu en mai 1997 – de percevoir indûment « son pourcentage » sur le dos des pauvres gens, alors que la guerre est bien finie? 

Prétendre, à l’instar d’un dépliant touristique, que la RDC est un « paradis terrestre » puisque « tout ce que vous ne trouvez pas ailleurs se trouve au Congo » est susceptible d’amener la salive dans la bouche de beaucoup. Mais quelles sont les réalités une fois que l’on se rend sur place ? Il est temps de regarder les choses en face et créer un environnement favorable à l’épanouissement de notre tourisme. Nous avons des atouts certes, mais à eux seuls ils sont insuffisants. M. Guy Omary India, Adga de l’ICCN le reconnait  d’ailleurs: « Quand les touristes se rendent compte que les conditions ne sont pas réunies pour leur permettre de visiter les sites touristiques, ils se résignent ».

 

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